À propos

DÉMARCHE

Mon travail est une réflexion sur la place de l’individu dans le monde contemporain. Je considère en effet le visage d’un individu comme la représentation d’un paysage psychologique qui me permet d’aborder différents sujets : le genre, les minorités, l’identité, la violence ou le capitalisme.

Un visage peut être lu de différentes manières : il peut être une fenêtre (sur une autre réalité), un miroir (dans lequel on se réfléchit) ou un masque (qui nous cache).

Ma relation avec l’image remonte à très longtemps et elle est le résultat d’une exposition continue à l’évolution de la culture de l’image dans laquelle nous vivons. Tout a commencé avec la télévision, les affiches publicitaires, les magazines ou Internet mais cela a continué avec les réseaux sociaux qui nous bombardent d’images, des images dépourvues d’innocence mais chargées d’intention.

Ce qui m’intéresse est la prise de possession de ces images comme acte de libération de la puissance qu’ils contiennent. J’aime les déranger, en extraire la réalité qu’elles peuvent cacher et les mettre dans un espace mental où je contrôle leur message. Ces images ont été prises par moi ou par quelqu’un d’autre : elles peuvent provenir de photographes anonymes ou de photographes célèbres. Elles peuvent également être riches en détails ou être des téléchargements bruts glanés sur les réseaux sociaux. Toute matière est utilisée.

Je cherche constamment quelle manière est la plus appropriée pour représenter le monde qui nous entoure. Quel est mon rôle dans un monde qui continue de changer, qu’il est difficile de comprendre et qui génère de multiples angoisses ? Je tente de donner au sujet l’individualité qu’il mérite mais sans abandonner pour autant le désir d’exprimer quelque chose d’universel. Cette position renforce mon besoin d’expérimenter avec l’expression de l’image et de rendre justice à la fois à l’individu et au message, sans trahir le messager.

Je crois que l’innovation est le résultat de l’expérimentation constante, aussi bien avec la technique qu’avec les matériaux. Il faut utiliser les matériaux en respectant leur nature mais tout en trouvant de nouvelles façons pour extraire leurs qualités expressives. Ma curiosité pour l’expérimentation avec des matériaux vient de l’utilisation d’éléments de la vie quotidienne, de matériaux pauvres ou de venant d’autres disciplines (stylos, ruban adhésif, argile, sharpies, cendres, épices, peinture pour les murs, etc.).

Mon travail me pousse à me plonger dans un monde que je trouve attrayant mais dans lequel je ne trouve pas la paix, un monde où la cruauté de l’existence ne fait qu’amplifier la beauté de chaque jour.